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Le Moyen Age tonnerrois reste avant tout marqué par la noble et belle
figure de Marguerite de Bourgogne. Elle a laissé à la ville son monument le plus
célèbre, lhôpital des Fontenilles. Fille du Duc Eudes
de Bourgogne et héritière du comté de Tonnerre, Marguerite avait épousé Charles 1er
dAnjou, frère de Saint Louis. Ce Prince ambitieux avait conquis, avec laide de la papauté, le royaume de Naples, de Sicile et de Jérusalem. Il avait une cour à Naples, où brillait dans des parures somptueuse sa jolie deuxième épouse, Marguerite. Il sétait en effet marié une première fois avec Béatrix De Provence. |
Laventure sicilienne sétait achevée par les « Vêpres siciliennes » de 1282, où 8 000 soldats français avaient été massacrés sur ordre du roi dAragon. Veuve trois années plus tard, sans enfants, Marguerite se retire à Tonnerre, auréolée des titres de reine de Naples et de Sicile, en compagnie de deux de ses parents : Marguerite de Beaumont, princesse dAntoche et comtesse de Tripoli et Catherine de Courtenay, impératrice titulaire de Constantinople. Ces dames résidaient au château de Tonnerre et soccupaient à des exercices de prière et de charité.
Est-ce pour le repos de lâme de son époux, qui avait fait tuer Frédéric dAutriche et Conradin de Hohenstaufen, prétendant au trône de Naples, quelle décida la construction de lhôpital des Fontenilles? La charte de fondation ne le précise pas, mais lobit de son mari figure bien dans le nécrologe conservé aux archives de lhôpital.
Dans lacte de fondation, elle détermine avec précision non seulement lemplacement du futur édifice dont elle va financer la construction, mais aussi son fonctionnement. Il existait déjà auparavant à Tonnerre quelques établissements charitables comme la Maison-Dieu chargée daccueillir pour la nuit les pèlerins sur la route de Saint-Jacques-de-Compostelle, la maladrerie Saint-Blaise, qui recevait les lépreux de la ville, ou lhospice Saint-Antoine.
Mais lhôpital des Fontenilles, placé sous la protection de la Vierge, doit avant tout exercer les sept oeuvres de miséricorde, à savoir : bailler à manger à ceux qui auront faim, bailler à boire à ceux qui auront soif, recevoir étrangers et pèlerins, les héberger, vêtir les nus, visiter les malades, consoler les prisonniers et ensevelir les morts.
Le personnel était limité à vingt, sous la tutelle du maître de lhôpital, dont le premier fut le propre confesseur de la reine, Robert de Luzarche. La reine abandonna des biens importants à lhôpital, susceptibles de lui fournir des revenus suffisants pour satisfaire à ces tâches.
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